Le Fonds National d’Appui à l’Employabilité et à l’Apprentissage (FONEA) a, ce vendredi 24 juillet, clôturé officiellement la formation qualifiante de 1.500 jeunes en métier de perlage dont 800 à Brazzaville.
Au regard d’un contexte contraignant et face un marché du travail rigide et à des filières encore peu développées, les autorités congolaises misent sur la formation pratique pour améliorer l’insertion professionnelle des jeunes et stimuler des activités génératrices de revenus. Au cours d’une conférence de presse tenue en Avril 2026 à Brazzaville en République du Congo, le Fonds national d’appui à l’employabilité et à l’apprentissage (FONEA) par le biais de son directeur général Robert Patrick NTSIBAT avait annoncé le lancement d’un programme national de formation gratuite au perlage, destiné à renforcer l’employabilité et l’auto-entrepreneuriat des jeunes. Appuyé par la Société africaine de recouvrement (SAR), le dispositif prévoit la formation de 3000 bénéficiaires dans une filière artisanale encore peu structurée, mais perçue comme porteuse de débouchés économiques.
Dans les détails disponibles, le programme s’adresse aux jeunes âgés de 18 à 35 ans et s’organise autour de l’apprentissage du métier, suivi d’une phase de production puis de la commercialisation des produits. Cette approche intégrée ambitionne de structurer une activité artisanale encore largement informelle afin de la transformer en un véritable projet entrepreneurial inscrit dans une logique de marché.
Entièrement gratuite, la formation prévoyait la remise de kits d’installation aux participants ainsi qu’un accompagnement post-formation destiné à évaluer son impact sur l’insertion professionnelle. Dans son message, Patrick NTSIBAT, directeur du FONEA, expliquait que le dispositif débutait par une phase pilote à Brazzaville et Pointe-Noire avant un déploiement progressif à l’échelle nationale.

Officiellement, ce projet visait à « faire du perlage un levier d’auto-emploi et d’insertion durable », selon le responsable du Fonds, convaincu qu’il ne s’agit pas seulement de former à un métier, mais de « forger de véritables entrepreneurs » capables de générer des revenus pérennes. Le choix du perlage s’appuie sur son potentiel économique, jugé apte à créer des débouchés dans l’artisanat et les marchés locaux, tout en valorisant le « Made in Congo ».
Cette initiative arrivait sur fond de préoccupations croissantes autour de l’emploi des jeunes. Selon les données de la Banque mondiale citées par Global Economy, le taux de chômage des 15-24 ans en République du Congo demeure élevé, autour de 39,99 % en 2024, bien au-dessus de la moyenne mondiale.
Ils étaient 1 500 jeunes, à Brazzaville et à Pointe-Noire, à avoir choisi de miser sur leurs mains et leur créativité pour construire leur avenir. L’initiative lancée par le Fonea s’inscrivait dans une dynamique de lutte contre le chômage des jeunes par la promotion de l’auto-emploi. L’objectif était de faire émerger, à l’issue des 45 jours de formation, des centaines de micro-entreprises capables de dynamiser le secteur artisanal.

Trois mois et demi après son lancement officiel, la formation qualifiante de 1.500 jeunes en métier du perlage est enfin arrivée à son terme. Pour faire le point de cette période d’apprentissage, Patrick Robert NTsiba, directeur général du fonds national d’appui à l’employabilité et à l’apprentissage, a animé un point de presse ce 24 juillet à l’hôtel Pefaco de Brazzaville au cours duquel il est revenu sur les résultats de cette initiative qui s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes et a confirmé la capacité et le parcours élogieux des 800 apprenants ayant franchi une étape décisive et cruciale de leur cursus.
Outre les acquis de ce programme à fort impact social et économique, le directeur général, est revenu sur le succès de cette initiative qui prépare l’insertion socio-professionnelle de centaines de jeunes Congolais à Brazzaville, Pointe-Noire et prochainement dans les autres départements du Congo.
Pour garantir des compétences opérationnelles sur le marché du travail, la formation s’est articulée autour de trois piliers fondamentaux à savoir, la conception pour stimuler la créativité et le génie individuel pour créer des modèles uniques.

La production quant à elle a visé la maîtrise des techniques de fabrication pour réaliser des objets en perles de haute qualité.
Et, la commercialisation a concerné l’apprentissage de la vente du savoir-faire, question d’approcher le marché et de gérer un compte d’exploitation pour pérenniser son activité.
A l’instar de l’apprentissage d’un métier, cette initiative s’est distinguée par une forte dimension d’inclusion sociale. Bien que le perlage soit traditionnellement perçu comme une activité féminine, un engouement masculin notable a été constaté. À Brazzaville, sur les 800 apprenants retenus, il y a eu 730 femmes et 70 hommes ont pris part à la formation. 34 personnes en situation de handicap ont été intégrées dont 14 personnes à mobilité réduite, 8 déficients visuels et 12 présentant un handicap psychologique a fait savoir Patrick Robert Ntsibat, prouvant que « le talent ne connaît pas de limites physiques ». « Mission accomplie », a salué Patrick Robert Ntsibat, en remerciant le ministre de tutelle, Rodrigue Charles Malanda Samba, ainsi que l’entreprise partenaire SAR et l’équipe des formateurs. Ces 800 jeunes Brazzavillois sont désormais prêts à faire valoir leur savoir-faire, que ce soit à travers l’auto-emploi, la création d’entreprises ou l’emploi salarié.
Pour donner un aperçu du talent et de l’ingéniosité des apprenants, le FONEA invite le grand public, les acteurs du secteur privé et les partenaires financiers à découvrir leurs créations. Parlant de l’événement à venir, le directeur général a annoncé une « exposition de fin de formation » prévue du 31 juillet au 3 août 2026, à l’esplanade de l’Hôtel Péfaco.
Notons que la formation en perlage est une réponse de la politique nationale du gouvernement en matière d’emplois et de l’entrepreneuriat des jeunes avec un accent mis sur les personnes vivant avec un handicap.
Le FONEA dans son droit chemin vient de tirer sa partition à la faveur de cette expérience fructueuse lequel constitue un levier d’inclusion sociale pour le développement socio-économique du pays.
Abibe Ayoka
