A la tête d’une structure publique aux multiples supputations au regard de sa sensibilité en ce sens qu’elle touche au quotidien la vie de la population, le directeur général de la E2C, Jean Bruno ADOU DANGA demeure imperturbable et égal à lui-même. Sur tous les fronts pour l’expansion du réseau électrique national, il est parfois victime innocente d’un acharnement médiatique médusé. A la base, l’électricité consommée au Congo provient des barrages hydroélectriques et de la centrale à gaz.
En dépit de certains clivages, des efforts considérables sont consentis pour desservir ou améliorer le réseau électrique. Ce que les congolais ont du mal à reconnaitre alors même que le directeur général s’emploie à démystifier la fourniture ou les délestages du courant par des exercices quasiment pédagogiques. Par ailleurs le gouvernement pilote la politique nationale en la matière.
En effet, les causes des coupures d’électricité à Brazzaville ainsi que dans d’autres localités sont désormais connues et dévoilées. Jean Bruno Danga Adou DG E2C a toujours apporté des éclaircissements sur l’origine de ces perturbations qui affectent le quotidien des populations.
Il avait également présenté un ensemble de solutions visant à mettre fin à ces coupures récurrentes et à améliorer durablement la fourniture en énergie électrique à travers le pays.
Le directeur général de la société E²c, Jean-Bruno Danga Adou, déclarait sur la chaîne de télévision nationale, qu’il n’y a plus de délestages d’électricité au Congo. « Aujourd’hui, nous ne devons pas confondre les black-outs et les délestages. Il n’y a plus de délestage au Congo. Ce que nous vivons ce sont des black-outs », déclarait-il. Il annonçait qu’un programme de coupures d’électricité était mis en place à Brazzaville et Pointe-Noire, en raison des travaux importants de maintenance visant à améliorer la fiabilité du réseau électrique et qui concernaient la construction du poste transformateur de Kinsuka, à Kinshasa.
A une époque donnée, on justifiait les black-outs par les travaux de construction du poste transformateur de Kinsuka, à Kinshasa. Celui-ci avait été finalement inauguré. C’est une infrastructure qui reçoit le courant de la centrale hydroélectrique de Zongo 2, situé à 130 km de la capitale et construit sur la Rivière Insiki, qui se jette 4 km plus loin dans le Fleuve Congo, au cœur de la Province du Kongo central (anciennement Bas-Congo). C’est un poste de 220 Kw dont 100 Kw pour desservir le Congo-Brazzaville, en transitant par le poste de Mbouono sur la rive droite du Fleuve Congo, et 120 Kw pour la partie Ouest de la ville de Kinshasa.

La raison des perturbations est aussi justifiée par les travaux de maintenance de la turbine G.t.3 de la C.e.c (Centrale électrique du Congo), située à Pointe-Noire. A cause de cela, la période des black-outs avait été prolongée avait-on appris.
Longtemps privées d’une lumière stable, plusieurs localités congolaises basculent dans le réseau national. Louingui, Boko et Loumo, dans le Pool, rejoignent Allembé et Mossaka. Le président Denis Sassou-Nguesso doit se rendre sur place pour lancer officiellement leur mise en service.
Le Pool et le nord raccordés au réseau national.
Cinq localités changent de statut énergétique. Louingui, Boko et Loumo, dans le département du Pool, figurent parmi les nouveaux points connectés. Allembé, dans la Nkéni-Alima, et Mossaka, chef-lieu du Congo-Oubangui, complètent cette vague de raccordements au réseau électrique national (lhorizonafricain.com).
Mossaka occupe une place particulière. Chef-lieu du département du Congo-Oubangui, la localité concentre des fonctions administratives, ce qui donne à son entrée dans le réseau une portée qui dépasse ses seuls habitants et rayonne sur son arrière-pays.
Dans le Pool, plusieurs communes progressent ensemble. Louingui, Boko et Loumo profitent d’une même dynamique d’extension, portée par la ligne partant de Kinkala, qui rapproche ces territoires du réseau national après une longue attente.
Pour ces zones rurales, l’arrivée du courant ne relève pas du détail administratif. Elle conditionne l’éclairage domestique, la conservation des denrées, l’activité des petits commerces et le fonctionnement des services de base comme la santé ou l’école.
Des lignes tirées à travers un relief difficile. La technique raconte l’ampleur de l’effort. La ligne Kinkala-Louingui-Boko court sur plus de soixante kilomètres, prolongée par une antenne de trente kilomètres qui dessert Loumo. Cette liaison de trente kilovoltampères a été réalisée par E2c, Energie électrique du Congo.
La réalisation de cette liaison place l’opérateur national au cœur du dispositif. Sa capacité à tenir les délais et la qualité de service conditionnera la promesse concrète faite aux nouveaux abonnés de ces districts longtemps restés à l’écart.
Mossaka illustre une autre échelle de difficulté. Le district est relié au réseau par une ligne haute tension de cent quatre kilomètres partant d’Oyo, qui traverse un terrain marécageux. Des entreprises indiennes ont exécuté ce chantier réputé complexe. Le recours à des entreprises indiennes pour cette traversée témoigne d’une ingénierie mobilisée à l’international. La complexité du tracé justifiait des compétences spécialisées pour franchir un environnement instable, où poser des pylônes suppose des fondations adaptées et une logistique lourde.
Allembé, dans le département de la Nkéni-Alima, a aussi reçu ses infrastructures électriques. La source reste discrète sur le détail de ces installations, sans en préciser l’ampleur ni les opérateurs mobilisés sur le chantier.
L’échelonnement des cérémonies sur cinq jours n’avait rien d’anodin. Il permet au chef de l’État de marquer physiquement chaque territoire, du Pool au nord du pays, en donnant à chaque mise en service son moment propre et sa visibilité.
Le tableau comporte toutefois une zone d’ombre. La production électrique nationale reste contrainte par l’arrêt de trois turbines au barrage d’Imboulou, un facteur qui pèse directement sur la capacité disponible pour alimenter ces nouveaux raccordements.
S’y ajoutent les travaux de réhabilitation en cours sur la ligne haute tension reliant Pointe-Noire à Brazzaville. Étendre le réseau tout en fiabilisant l’existant devient une double exigence pour le pays et ses gestionnaires d’énergie.
La question de fond dépasse ainsi l’inauguration. Brancher de nouveaux villages n’a de sens durable que si le courant y circule sans coupures, ce qui suppose une production stabilisée et des lignes correctement entretenues dans la durée.
Pour les populations concernées, l’enjeu se mesure au quotidien. Un raccordement fiable transforme les usages, sécurise les petites activités économiques et ouvre la voie à de nouveaux services domestiques dans des zones longtemps restées à l’écart du réseau.
Reste à savoir si l’élan d’électrification annoncé résistera aux limites de production que le pays doit encore surmonter pour tenir sa promesse envers ses territoires.
Toutefois, il faut noter que ces efforts méritent d’être appréciés à leur juste valeur au-delà de la campagne d’intox ou de désinformation des frondeurs dans les réseaux sociaux.
Aujourd’hui, les causes bien identifiées et dévoilées autant les solutions envisagées, Jean Bruno ADOU DANGA tire sa partition dans cette responsabilité sociétale et en phase avec l’accélération de la marche.
Abibe Ayoka


