C’est suite aux échanges des coups de feu entre les agents de la DGSP et les Ninjas à Mindouli, le 11 janvier dernier, causés par l’incompréhension entre les deux parties que la commission ad ’hoc mixte paritaire (CAMP), s’est réunie d’urgence 12 au 15 janvier au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation à Brazzaville. Cette Commission s’est appesantie sur l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités signé en 2017, entre le gouvernement et le révérend pasteur Frédéric Bintsamou dit Ntumi.
La CAMP a analysé les tragiques événements survenus à Mindouli, dans le département du Pool, dans toute inégalité. A l’issue de ces travaux, la CAMP rappelé les deux parties à la nécessité de rétablir, de consolider et de maintenir l’ordre public qui a été perturbé. « La CAMP invite tous les citoyens à observer scrupuleusement les lois et règlements de la République et à respecter les droits et libertés de chacun et de tous ; les populations dispersées à regagner leurs habitations respectives et vaquer librement à leurs occupations quotidiennes dans la quiétude et la sérénité ; les utilisateurs des réseaux sociaux à la responsabilité quant aux contenus de leurs publications qui ne contribuent pas à l’apaisement », ont exhorté les membres de la CAMP.
Cette réunion a été présidée par son président, le préfet, directeur du cabinet du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Séraphin Ondele. Elle s’est, par la suite, s’est engagée à continuer « de travailler inlassablement à la résolution définitive de cette situation ».
De leurs côtés, les associations de la société civile, qui pensent que le Pool a longtemps souffert et il est plus que judicieux de préserver « la paix durement acquise », ont demandé, dans une note de position publiée le 15 janvier à Brazzaville, aux autorités civiles et militaires, « de faire preuve de retenue et de respect strict des principes d’un Etat de droit ».
Ces organisations ont sollicité l’implication du Président de la République, chef de l’Etat dans le rétablissement et le maintien de l’ordre public dans cette partie du pays. Ce, en rappelant « à l’ordre l’ensemble des forces de sécurité sur leur rôle républicain, apolitique et protecteur des citoyens ». C’est pourtant dans cet esprit que le chef de l’Etat ne cesse d’intervenir pour que l’élection présidentielle ne soit pas une source d’inquiétudes.
Malgré cet appel, la présence de la DSGP est mal jugée dans certaines localités du Pool. Les coups de feu ont retenti dans la nuit du 15 au 16 janvier dans le district de Mayama. La DGSP a renforcé ces dispositifs.
Est-ce une provocation en dépit des pourparlers entre les deux parties ou simplement l’exécution d’une mission reçue ?
D’après certaines sources proches de cette contrée, la « DGSP a fait irruption à 3h du matin dans le repaire de Ntumi, qui demeure introuvable, mais ses partisans se sont retirés pour mieux se préparer à contre-attaquer ». Serait-il un jeu de ping-pong comme à l’accoutumée ?
Ghodelgi NANITH


