365 jours auront suffi pour réaliser qu’il y a des esprits éveillés et illuminés susceptibles de rendre possible l’impossible. Qui l’aurait cru en dépit d’un contexte difficile et héritier d’une structure démembrée et assujettie aux contraintes structurelles et climatiques, Séraphin MOUENDZI se devait de prendre le taureau par les cornes. Aux grands maux de grands remèdes, dit-on. Depuis sa prise de fonction, il s’emploie à changer l’image avec l’appui des partenaires au développement notamment la banque mondiale.
Nommés en Conseil des ministres du 18 décembre 2024, le nouveau directeur général du Port autonome de Brazzaville et ports secondaires, Séraphin Mouendzi, et son adjoint Lionel Daniel Konabeka avaient pris service le 3 janvier2025. Conscients de la lourde tâche qui les attendait, ils promettaient de relever les défis. Comptable de formation, Séraphin Mouendzi succédait à Daniel Molongandzeyi qui avait occupé ce poste pendant quatre ans. Avec son adjoint, Lionel Daniel Konabeka, ils forment un duo qui travaille avec objectifs et détermination en vue d’apporter au Port autonome de Brazzaville et ports secondaires (PABPS) des solutions idoines aux nombreux problèmes auxquels il est confronté. Sa bataille consistait, dans un premier temps, à améliorer les conditions de travail des douze sites portuaires disséminés à travers le pays, mais dont quatre se trouvent à Brazzaville. Il s’agissait du Beach, du Port à passagers, du Port public et de celui de Yoro.
A la lumière du tableau synoptique peu reluisant du PABPS, qui fut peint par le directeur général sortant, le nouveau directoire s’était engagé à tout mettre en œuvre pour rallumer sa flamme afin qu’il contribue, lui aussi, au développement économique du Congo.
Son objectif parmi tant d’autres, est aussi et surtout, avait indiqué le nouveau directeur général, de permettre à la centaine d’agents qui y évoluent de travailler dans des conditions optimales et de garantir tous leurs intérêts.
« A compter d’aujourd’hui, nous ne ménagerons aucun effort pour œuvrer sans relâche au développement du Port autonome de Brazzaville et ports secondaires », avait indiqué Séraphin Mouendzi.
Installant la nouvelle équipe, le directeur du cabinet du ministre de l’Economie fluviale et des Voies navigables lui avait rappelé les défis qui l’attendaient pour lesquels elle doit apporter des solutions idoines. « C’est une grande charge qui pèse sur vos épaules. Les tâches à accomplir sont énormes et vous demandent de la responsabilité pour atteindre les objectifs que vous êtes assignés. Mais, dans l’accomplissement de votre mission, vous devez veiller au respect des textes toutefois que vous voulez poser un acte », leur avait- t-il dit.
En effet, le Port Autonome de Brazzaville et des Ports Secondaires (PABPS) est un acteur stratégique du secteur portuaire en République du Congo. Chargé de l’exploitation, de la modernisation et du développement des infrastructures fluviales, il joue un rôle essentiel dans le désenclavement économique et le positionnement du pays comme hub régional de transit.
Les missions du PABPS sont définies par ses statuts et répondent aux besoins stratégiques du pays en matière d’exploitation et de développement des ports fluviaux. Elles se déclinent en quatre axes principaux : Administration, Exploitation et Développement des Infrastructures Portuaires ;
Le PABPS est chargé de gérer et d’optimiser l’ensemble des infrastructures portuaires dans le cadre de la politique générale définie par l’État. Cela inclut la maintenance des quais, des terminaux et des équipements logistiques, ainsi que la planification des investissements pour moderniser et étendre les capacités d’accueil des navires ;
Contribution à la Vocation de Pays de Transit :
En tant que maillon essentiel de la chaîne trans congolaise de transport, le PABPS joue un rôle déterminant dans la transformation du pays en une zone de transit stratégique. L’établissement vise à faciliter la circulation des marchandises et des passagers en améliorant l’efficacité des opérations portuaires et en réduisant les délais de transit ; Travaux d’Entretien, d’Amélioration, de Renouvellement et ce dans le cadre de la modernisation, outre la gestion opérationnelle, le PABPS est responsable de l’exécution des travaux de maintenance et de rénovation des infrastructures existantes. Cela comprend des projets d’amélioration, de renouvellement des équipements et de modernisation de l’ensemble du domaine immobilier portuaire afin de garantir la pérennité et la performance des installations ; assurance de la Police des Ports Fluviaux et de leurs dépendances.
La sécurité constitue un volet essentiel des missions du PABPS. L’établissement est chargé d’assurer la police et le contrôle des ports fluviaux ainsi que de leurs dépendances, afin de garantir un environnement sûr pour les opérations portuaires, la protection des infrastructures et la sécurité des usagers.
Sous la houlette du ministre de l’Économie Fluviale et des Voies Navigables Honoré SAYI faisant l’état des lieux, qui lui avait effectué une visite guidée au port autonome de Brazzaville et ses structures, le constat plus que préoccupant. L’objectif de cette mission était d’identifier les obstacles entravant le développement du secteur fluvial et d’explorer les solutions pour dynamiser cette filière essentielle à l’économie nationale. Au cours de sa visite Honoré SAYI, avait échangé avec les responsables et le personnel du port, mettant en avant la nécessité d’une synergie d’actions pour relever les défis existants. Il avait exhorté l’ensemble des acteurs du secteur à travailler de concert afin de moderniser les infrastructures, améliorer la fluidité du trafic fluvial et optimiser la gestion des ressources. Cette initiative s’inscrivait dans une démarche plus large visant à redonner au transport fluvial un rôle clé dans l’économie congolaise et à renforcer l’attractivité du port autonome de Brazzaville sur le plan régional.
De nos jours, le curage des pieds du quai au port public de Brazzaville s’effectue à l’aide d’une pelle mécanique hydraulique installée sur une barge. Lancée depuis quelques mois, cette opération censée durer deux mois et demi permettrait aux bateaux d’accoster aisément.
Le type d’opération de curage des pieds de quai est souvent mené en période d’étiage pour déblayer du sable. Celui en cours au site portuaire est conduit par les équipes du Groupement d’intérêt économique et du service commun d’entretien des voies navigables (GIE-SCEVN) de la République du Congo et de la République centrafricaine, sur un financement de la Banque mondiale via le Projet régional d’amélioration des corridors de transport routier et fluvial en Afrique centrale (Pracac).
L’intervention des équipes du GIE-SCEVN vise à pallier le phénomène d’ensablement des pieds de quai qui freine les chargements et déchargements des bateaux. Dans un contexte de rareté des subventions publiques en faveur de l’opérateur GIE-SCEVN, le financement de la Banque mondiale vient à point nommé. « Le GIE-SCEVN a été identifié comme opérateur dans le cadre du Pracac, lequel projet comporte cinq composantes. Nous intervenons dans le volet fluvial, notamment au niveau du port de Brazzaville avec le curage des pieds de quai. Le curage va permettre aux unités fluviales et aux bateaux de pouvoir accoster en toute saison dans de bonnes conditions », avait indiqué, le 9 avril, le coordonnateur du GIE-SCEVN, Alexis Dekoïsset.
Outre le site portuaire de Brazzaville, le projet devrait s’étendre sur l’ensemble du réseau fluvial, du fleuve Congo à l’Oubangui. Le dragage s’effectue aussi au site portuaire de Yoro, ainsi qu’aux quais de Mossaka, Impfondo, Liranga, Bétou, jusqu’à Bangui. Dans le cadre de la mise en œuvre du Pracac, il est également prévu le volet balisage sur le fleuve Congo, les rivières Oubangui et Sangha. « Cette opération de balisage se fait sur le fleuve Congo en partenariat avec la régie des voies fluviales de la République démocratique du Congo », a signifié Alexis Dekoïsset. Il a précisé que malgré ce financement, les propriétaires de marchandises vont toujours continuer à payer les redevances fluviales.
Par ailleurs, le conseil d’administration du Port Autonome de Brazzaville et Ports Secondaires (PABS) venait d’adopter son budget pour l’exercice 2026, estimé à plus de 2,7 milliards de francs CFA. Ce financement est destiné aux travaux en cours et d’autres actions.
Enfin, cerises sur le gâteau, le directeur général du Port Autonome de Brazzaville et Ports Secondaires (PAPS) a été honoré du Grand Prix du Leadership par un réseau de journalistes et communicateurs. Cette reconnaissance salue les réformes importantes enclenchées par ce directoire.
Emboitant le pas à ces prédécesseurs, l’on peut s’accorder à noter que l’actuel Directeur général à bien tracé le chemin. Là où il y a une volonté, il y a un chemin.
Attendons voir et comptant sur son management, l’optimisme est permis. Reste qu’à lui souhaiter bonne et heureuse année 2026 !
Abibe Ayoka


