Les 26es Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, sont un rendez-vous annuel autour des thématiques économiques et sociétales. Cette 26e édition, placée sous le thème « Naviguer dans un monde sans repère » entend faire émerger des solutions communes dans un contexte rempli d’incertitude.
La 26e édition des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence en France, organisée par le Cercle des économistes se tient du 2 au 4 juillet 2026, sous le thème central : « Naviguer dans un monde sans repères ». En marge de ces assises, le ministre congolais de l’Economie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective, Monsieur Ludovic Ngatsé a co-animé, le 2 juillet dernier, une session intitulée ’’L’Afrique avance, le monde regarde ailleurs ?’’, aux côtés du Professeur Christian de Boissieu, avec la participation de l’ancienne ministre française Élisabeth Moreno.
Trois jours durant, la ville d’Aix-en-Provence sera l’épicentre d’échanges et de débats, qui réunira plus de 410 participants d’environ 55 pays différents.
En dehors de ces Rencontres économiques, le ministre du Congo de l’Economie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective a défendu cette vision ambitieuse, celle d’une Afrique capable de mobiliser ses propres ressources, de transformer localement ses matières premières et de bâtir une nouvelle architecture financière adaptée à ses réalités. Il sied de rappeler que l’intervention du ministre Ngatsé s’inscrit dans le prolongement des réflexions engagées lors des Assemblées Annuelles de la BAD (Banque africaine de développement), organisées tout récemment à Brazzaville.

Ludovic Ngatsé a interpelé la communauté internationale à revoir sa perception du continent africain. « L’Afrique ne peut plus être réduite à ses difficultés. Elle affiche aujourd’hui des perspectives de croissance supérieures à la moyenne mondiale, dispose d’immenses richesses naturelles, d’un potentiel énergétique considérable et d’une jeunesse appelée à devenir l’un des principaux moteurs de la croissance mondiale », a-t-il plaidé.
Par ailleurs, le ministre a insisté sur « la nécessité de rompre avec le modèle économique fondé sur l’exportation brute des ressources naturelles ».
Pour Ludovic Ngatsé, « la transformation locale des matières premières constitue désormais la principale voie permettant de créer davantage de valeur ajoutée, de développer l’industrie, de générer des emplois et de renforcer la mobilisation des ressources domestiques nécessaires au financement du développement ».
« Cette stratégie permettra également à l’Afrique de mieux tirer profit de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de renforcer son intégration économique », a-t-il expliqué.
En outre, il a rassuré les investisseurs de l’accélération des réformes des finances publiques. « Digitalisation des administrations, élargissement de l’assiette fiscale, amélioration de la gouvernance, optimisation des dépenses publiques et modernisation du climat des affaires figurent parmi les leviers jugés indispensables pour améliorer la perception du risque africain et attirer davantage de capitaux privés ».

Appelant à une réforme de l’architecture financière internationale afin que l’Afrique bénéficie d’une représentation plus équitable au sein des grandes institutions financières mondiales, Ludovic Ngatsé se dit optimiste et rassurant.
A cette occasion, le ministre congolais n’a pas hésité de faire une rétrospection sur les 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, organisées en mai dernier à Brazzaville, Ludovic Ngatsé s’est réjoui du bilan largement positif.
Pour le ministre, ces assises ont marqué le lancement d’une nouvelle stratégie africaine de financement du développement, basée sur une meilleure mobilisation de l’épargne intérieure, le développement des marchés financiers africains, les partenariats public-privé et des mécanismes innovants de financement.
Le ministre a notamment salué le succès de la première table ronde des bailleurs de fonds consacrée au Fonds bleu pour le Bassin du Congo. Sur les 70 projets présentés, 63 ont retenu l’attention des partenaires internationaux, avec des promesses de financement dépassant les trois milliards de dollars.

Au bout des échanges, Ludovic Ngatsé a déclaré avec force et conviction que, l’avenir du continent repose avant tout sur sa capacité à mobiliser ses propres ressources financières, valoriser ses richesses naturelles, former sa jeunesse et renforcer les partenariats entre États, secteur privé et institutions financières africaines. Il estime également que l’Afrique dispose désormais des atouts nécessaires pour devenir un acteur majeur de l’économie mondiale, à condition de poursuivre les réformes structurelles et de construire un modèle de développement davantage fondé sur la création de valeur sur le continent.
Abibe Ayoka


