La transmission de l’interpellation du Directeur Général de la DGREK par l’Honorable Yerkis Muzama Muzinga ne devrait ni surprendre, ni scandaliser, encore moins provoquer une agitation excessive chez certains communicateurs sur les réseaux sociaux.
Dans un État de droit, particulièrement en République Démocratique du Congo, le contrôle parlementaire n’est pas une guerre contre les gestionnaires publics, mais une exigence institutionnelle consacrée par la loi. Les articles 165 à 172 du règlement intérieur de l’Assemblée provinciale du Kwilu encadrent clairement cette mission. Il ne s’agit donc ni d’un règlement de comptes, ni d’une chasse aux sorcières, mais d’un mécanisme démocratique normal. Pourquoi alors tant d’agitation ? Pourquoi certains communicateurs sur la toile se placent-ils déjà dans une posture de défense comme si une condamnation avait été prononcée ? Pourquoi cette nervosité dans plusieurs publications, où l’on sent davantage l’émotion que la sérénité, davantage la passion que l’analyse institutionnelle ? Une interpellation n’est pas une sanction. C’est une opportunité républicaine donnée à un responsable public de venir éclairer l’opinion, rassurer les élus du peuple et présenter, en toute transparence, le bilan de sa gestion. Le Directeur Général de la DGREK aura justement cette occasion de démontrer les prouesses enregistrées depuis son avènement à la tête de cette régie stratégique pour la province. S’il y a des résultats positifs, c’est le moment idéal pour les exposer. S’il existe des difficultés structurelles, c’est aussi l’espace approprié pour les expliquer. Le peuple attend des réponses, pas des polémiques. Dans plusieurs publications sur la toile, certains communicateurs semblent abandonner l’objectivité au profit de l’émotion. Le débat institutionnel devient personnel, les arguments cèdent la place aux attaques, et la communication se transforme en militantisme aveugle. Cette posture affaiblit les institutions au lieu de les renforcer. Il faut aussi signaler que le DG Wawende est souvent mal compris, précisément à cause de sa rigueur. Dans un environnement où la complaisance devient parfois la norme, la fermeté peut être interprétée comme de l’hostilité. Pourtant, la rigueur dans la gestion publique n’est pas un défaut ; c’est une nécessité. Exiger la transparence n’est pas combattre les hommes, c’est protéger l’intérêt général. Le contrôle parlementaire n’est pas dirigé contre une personne, mais au service du peuple. Ceux qui confondent contrôle et persécution se trompent de combat. La DGREK gère des ressources sensibles. À ce titre, elle doit accepter le regard des institutions de contrôle avec maturité et responsabilité. Refuser cela serait refuser l’essence même de la démocratie. Les élus provinciaux ne sont pas là pour applaudir silencieusement, mais pour questionner, vérifier et défendre les intérêts des citoyens. Que chacun garde donc son calme. Que les communicateurs abandonnent les passions inutiles. Que le Directeur Général vienne répondre avec sérénité, preuves à l’appui. Car dans une République sérieuse, rendre compte n’est pas une humiliation. Gervais Sandey


