Incarcéré depuis plusieurs mois à la maison d’arrêt de Dolisie, la situation de Makita soulève aujourd’hui de sérieuses interrogations quant au respect de l’État de droit dans notre pays.
Selon les informations reçues de son épouse en date du 19 avril , la situation est particulièrement préoccupante : « mon mari se trouve actuellement en danger pour sa sécurité et son état de santé se dégrade au jour le jour ». De telles conditions d’incarcération sont indignes et incompatibles avec les principes fondamentaux de justice. Par ailleurs, un arrêt de la Cour suprême du 20 février 2026 (n° 11/GCS-26) a ordonné le renvoi de cette affaire devant la Cour d’appel de Ouesso. Pourtant, à ce jour, cette décision tarde à être appliquée. Au-delà de ce cas individuel, une question essentielle se pose : assiste-t-on à une pression exercée sur les opposants politiques dans notre pays ? Car il convient de rappeler que Monsieur MAKITA Fred Jonas est présenté comme un jeune opposant engagé. Dans une démocratie, l’opposition n’est pas un crime ; elle constitue un pilier fondamental du pluralisme politique. Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres cas bien connus, notamment ceux de Jean-Marie Michel Mokoko et de André Okombi Salissa, dont les détentions ont suscité de nombreuses interrogations tant au niveau national qu’international. Nous appellons au président de la République, Denis Sassou Nguesso, garant des institutions et de l’unité nationale, afin qu’il veille personnellement au respect des droits de tous les citoyens, y compris ceux qui ne partagent pas la ligne du pouvoir en place. Le traitement réservé aux opposants constitue un indicateur essentiel de la maturité démocratique d’un pays. Il est impératif que la justice s’exerce avec équité, indépendance et diligence, sans considération d’appartenance politique. Dans un esprit d’apaisement et de cohésion nationale, une mesure de grâce présidentielle en faveur de certains détenus politiques y compris Monsieur MAKITA Fred Jonas, ainsi que d’autres figures telles que Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa serait un signal fort. Un tel geste contribuerait à renforcer l’image d’un président attaché à la réconciliation, à la paix sociale et au respect des libertés fondamentales. Notre pays a besoin d’unité, de justice équitable et de confiance entre les citoyens et leurs institutions. Le respect des droits humains et des libertés politiques ne doit jamais être négociable. Peut-on rester indifférent face à un citoyen dont la santé se dégrade en détention ? Une décision de justice peut-elle rester inappliquée sans conséquence ? L’opposition politique doit-elle être perçue comme une menace ou comme un pilier de la démocratie ? Une grâce présidentielle ne serait-elle pas un geste fort pour apaiser les tensions politiques ? Quel Congo voulons-nous construire : un Congo de justice équitable ou de justice à deux vitesses ?
Papa Mapassa


