Le futur gouvernement ne sera pas une simple liste de ministres, mais le certificat de naissance du nouvel ordre congolais ou l’acte de décès de la promesse présidentielle.
La structure et la composition d’un gouvernement est le premier signal envoyé aux marchés mondiaux et à une population qui n’a plus le luxe d’attendre. C’est ici que se joue la crédibilité de l’État. Reconduire plus de 60 % de l’équipe de Collinet Makosso serait un aveu d’impuissance. Cela prouverait que la priorité reste la survie du régime et la récompense de la loyauté, plutôt que l’exigence de résultats et l’efficacité administrative. Le recyclage toxique des élites : Voir les mêmes ministères qui s’échangent les postes confirmerait l’idée d’un éternel « jeu de chaises musicales ». Dans ce scénario, les privilèges du clan sont sanctuarisés, tandis que les réformes structurelles sont sacrifiées sur l’autel du statu quo. Le « Congo Nouveau » ne peut exister sans une rupture radicale, qui se heurte aujourd’hui à deux murs : Le choc psychologique : Pour que le Congolais croie à nouveau en l’avenir, il a besoin d’un électrochoc visuel. Cela passe par l’arrivée de technocrates audacieux et de visages issus de la société civile, capables de briser les circuits de la corruption. Un gouvernement identique ne saura jamais changer de logiciel. La rupture de méthode exige de nouveaux acteurs et architectes économiques pour sortir enfin de la dépendance au brut, une mission impossible pour ceux qui ont profité du système actuel. Si Sassou Nguesso reconduit plus de 60 % de ministres, le pouvoir s’expose à une double déconvenue : À l’échelle nationale : Un divorce définitif avec le peuple. Le discours politique perdra toute substance, ne devenant qu’un bruit de fond pour une population plongée dans l’apathie. À l’échelle internationale : Une méfiance redoublée du FMI et des bailleurs. Ces derniers n’attendent plus des discours de charme, mais des preuves de renouvellement pour débloquer les appuis budgétaires. En somme, le contenant déterminera le contenu. Si Sassou Nguesso choisit la continuité déguisée, le » nouveau Congo » ne sera qu’une fiction de plus dans l’histoire politique du pays. La rupture demande du courage, celui de se séparer des « piliers » qui sont devenus des boulets. Peut-on réellement attendre d’un homme au pouvoir depuis quatre décennies qu’il brise ses propres chaînes pour réinventer l’État ? Ou le système est-il devenu structurellement incapable de produire autre chose que sa propre répétition ? On ne peut pas faire du nouveau ou redresser le Congo avec ceux qui ont été à l’origine de sa destruction et de son surendettement.
Sainte-Acacia


