Alors que le séisme judiciaire continue de secouer les fondations du football national, une question hante les couloirs de la Fédération : l’Article 41 (l’intérim du Vice-président) est-il un bouclier indestructible ou un simple château de cartes ? Pour répondre, il faut lever les yeux vers Zurich et se souvenir d’un précédent qui fait encore trembler le continent :
L’affaire de la FEGUIFOOT en 2021. 2021 : Quand la FIFA a « balayé » Conakry Souvenez-vous. En 2021, la FIFA ne s’est pas embarrassée de diplomatie. Elle a purement et simplement dissous le Comité Exécutif de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT). Le motif ? De simples audits révélant des « irrégularités financières massives » et des conflits d’intérêts. À l’époque, il n’y avait pas encore de condamnation pénale, mais le « soupçon sérieux » a suffi à Zurich pour déclencher l’arme atomique : l’Article 8 al. 2 de ses statuts. Le mythe de l’Article 41 : La FIFA n’en a cure Au Congo, le Bureau Exécutif s’accroche à l’Article 41 comme à une bouée de sauvetage, prétendant qu’une succession interne est « statutaire ». L’histoire de la Guinée prouve le contraire. En 2021, la FIFA a délibérément ignoré les statuts locaux guinéens qui prévoyaient, eux aussi, une succession interne. Pourquoi ? Parce qu’elle a estimé que le système électoral et administratif était devenu trop corrompu pour permettre une transition honnête. Pour Zurich, quand le sommet est infecté, c’est tout l’arbre qu’il faut traiter. 96 % de détournement : Le record de l’indignité Si la Guinée a été mise sous tutelle pour des « irrégularités », que dire de la situation du Congo ? En Guinée : Des doutes sur la gestion. Au Congo : Un verdict de culpabilité pour le détournement de 270 millions de FCFA des fonds COVID. C’est un record mondial de cynisme : 96 % des fonds FIFA Forward destinés au football féminin se sont évaporés dans la nature via des sociétés fictives. Comment le Vice-président, censé être le premier rempart de vigilance, peut-il prétendre aujourd’hui incarner la « stabilité » alors qu’il a assisté, muet ou impuissant, au pillage de la caisse ? Leçon de Zurich : La « Preuve » oblige la Normalisation La jurisprudence de la FIFA est limpide : elle n’a pas besoin de preuves irréfutables pour agir, le simple doute suffit. Au Congo, il y’a une preuve judiciaire. Ce qui tient à dire qu’en maintenant l’équipe actuelle au pouvoir, la FIFA enverrait un message désastreux au monde entier : « Volez 96 % de notre argent, et nous vous laisserons organiser votre propre succession. » C’est impensable. Et, c’est à partir de là, que l’on se rend compte que la Normalisation n’est plus une option. Car, le cas guinéen nous enseigne qu’une fédération qui ne sait plus protéger les fonds du football perd son droit à l’autonomie. En invoquant l’Article 41, le Bureau Exécutif actuel ne fait que retarder l’inévitable. La mise en place d’un Comité de Normalisation (CONOR) n’est pas une ingérence, c’est une mesure de salubrité publique. Si la FIFA a balayé la FEGUIFOOT pour moins que ça, elle ne peut pas laisser le football congolais agoniser sous la coupe d’un intérim discrédité.
Oboura Iloki Anderson


