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République du Congo/religion : connaissez-vous le pasteur Daniel NDOUNDOU de l’église protestante ?

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République du Congo/religion : connaissez-vous le pasteur Daniel NDOUNDOU de l’église protestante ?

République du Congo/religion : connaissez-vous le pasteur Daniel NDOUNDOU de l’église protestante ?

Tâta Ndoundou a été le pasteur le plus charismatique que l’église protestante et évangélique ait connu depuis sa fondation en République du Congo.

Daniel Ndoundou est né le 1er mai 1911 dans le village de Kindamba, situé dans le district de Mfouati dans le département de la Bouenza. Kindamba se trouve tout près de la frontière du Congo-Kinshasa à cinq kilomètres de Kingoyi. Ne pas confondre avec la ville de Kindamba située plus au nord dans le département du Pool. Daniel Ndoundou est fils de tâ Nsemi Mboko et de mâ Bouanga Boua Mboukou.

L’enfant Ndoundou porte un nom à signification.

 Un nom exprime la nature individuelle de l’être. Le nom n’est pas une simple étiquette, c’est la réalité même de l’individu. Au sein de l’ordre initiatique de Kôngo dia Kimpasi existe Mâ ndoundou, la vénérable albinos, personnage insolite et redouté, être de l’autre monde, qui s’impose comme l’actrice la plus influente. Au sein de cet ordre, elle est l’accompagnatrice des néophytes vers leur nouvelle naissance comme elle porterait un enfant en son sein. Cette seconde ou nouvelle naissance fait d’eux des Nkita ou de véritables initiés. Par ailleurs, le nom Ndoundou est une liaison de deux vocables identiques à savoir : le Ndu. A dire vrai, le Ndu tend à exprimer dans la culture Kôngo, l’état d’élévation de l’être ou du Muuntu dans sa quête de perfection dans les savoirs et connaissances que lui offre la nature ou l’univers. C’est la traduction même de l’invitation de l’être à pouvoir comprendre et saisir les secrets de l’univers, c’est-à-dire de la sphère tant céleste que terrestre. C’est ainsi que, de par son nom, tâta Ndoundou est, d’après la tradition Kôngo, un mu-kundula, mu–mpandula, c’est-à- dire un faiseur des mpandu ou actions salutaires tendant au bien-être des individus qui, dans la souffrance ou misère en ont véritablement besoin. Il est détenteur de Ndu ou ku-ndu, c’est-à-dire de cette science dont l’objet consiste en une recherche analytique, méticuleuse et soigneuse des éléments que compose le lwandu ou l’univers et ce, pour le bien ou le soulagement des âmes en souffrance. Dès son jeune âge, Daniel Ndoundou est très proche de son oncle maternel, le nommé Noé Nsemi qu’il accompagne de village en village pour ses prédications. Son oncle fera d’ailleurs partie des premiers congolais élevés au grade de pasteur durant les années 1940 en République du Congo. Daniel Ndoundou est élève de l’école catholique au moment de l’avènement du mouvement de Simon Kimbangou. Très tôt, il quittera cette école avec quelques camarades pour intégrer le mouvement de Réveil qui sera constitué autour de la personne du prophète Simon Kimbangou. Daniel Ndoundou est un enfant pas comme les autres. Il aime se recueillir, prier, méditer puisqu’il a souvent des visions et certaines d’entre elles, comportent des révélations sur son destin. Il en fait part à sa mère qui l’exhorte à la loi du silence en lui recommandant notamment de garder ses expériences et de beaucoup prier. C’est ainsi qu’à l’occasion de son baptême en 1923, le jeune Ndoundou adopte le nom de Daniel pour s’identifier au prophète Daniel qui, dans l’Ancien testament est défini comme un homme indépendant et courageux, somme toute, comme un prophète. Daniel Ndoundou est consacré pasteur à Dolisie le 16 juin 1946, le même jour que l’un de ses collègues le nommé Jean Yayaka. Au sein de l’église protestante et évangélique, le pasteur Daniel Ndoundou sera l’un des dirigeants du mouvement de Réveil. En effet, entre les années 1920 et 1940, le Congo-Belge et le Congo-Français avaient été gagnés par un mouvement de Réveil qui, en milieu Kôngo donna lieu, à l’avènement des églises comme le Kimbanguisme, le Ngounzisme ou le Matsouanisme. Et le pasteur Daniel Ndoundou réussit très habilement à intégrer au sein de l’église protestante, évangélique quelques principes ou rites dominants des églises autochtones tournées essentiellement vers les croyances ancestrales. L’une des grandes figures de l’église protestante et évangélique en République du Congo en la personne du pasteur Buana Kibongui, s’opposa ouvertement aux pratiques de tâta Ndoundou, les considérant, peut-on dire, moins attrayantes, à la connaissance de la parole de Dieu en disant notamment que : « Le pasteur Daniel Ndoundou insistait sur les manifestations spirituelles tandis-que moi, je mettais l’accent sur la nécessité de connaître la Bible pour mieux vivre les manifestations spirituelles. » La théologie de tâta Ndoundou comporte trois aspects fondamentaux : elle est fondée sur la médecine révélée qui est associée à la culture traditionnelle qui, elle-même consacre en son sein, des diagnostics et des traitements sur la base des révélations avec des remèdes fabriqués à base aussi des plantes. Il y a aussi, l’usage de l’eau en procédant effectivement, à des bains de purification, comme le fit majestueusement en son temps, tâta Simon Kimbangou en invitant ses adeptes, à ce type de rites à Nkamba, la nouvelle Jérusalem. Cette même théologie offre en dernier lieu, une place non négligeable à l’interprétation des rêves. Et pour tâta Ndoundou, il était normal que Dieu parle à ses fidèles à travers les rêves d’autant plus que les récits précédant la naissance du Christ en sont une parfaite illustration. C’est à ce titre que, le pasteur Daniel Ndoundou consacrait dans le cadre de son ministère une grande partie de son temps à la cure d’âme personnelle et aux prières d’intercession comme dans les assemblées Ngunza. Il accordait une grande importance aux manifestations spirituelles. Un élève pasteur de 1965 à 1969 appelé Patrice Demba raconte la force spirituelle du pasteur Ndoundou qui, de surcroît lui conférait la qualité d’un véritable prophète dont les actes de guérison étaient le plus souvent en parfaite conformité avec ses paroles. « Tâta Ndoundou avait prié pour une femme qui n’avait plus d’utérus. Il lui dit : « Ta foi est grande. Tu auras encore des enfants » tâta Buana nous dit : « Ce que dit tâta Ndoundou n’est pas vrai car cette femme n’a plus d’utérus. Elle ne pourra plus avoir d’enfants. » plus tard, cette femme mit au monde des jumeaux. C’est pour des choses comme ça que nous respections plus tâta Ndoundou. » C’est là, une des caractéristiques de tâta Ndoundou, homme d’église ou pasteur de l’église protestante, évangélique dont le nom fait aussi partie de l’égrégore Kôngo, en raison de son remarquable ministère de guérisons ou de miracles et de sa dimension charismatique qui lui confère, entre autres et ce, incontestablement la qualité d’un véritable Ngunza.

Carine Mabénguélé

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