Le lancement, ce lundi 09 février 2026 à Pointe-Noire, des travaux de réaménagement de la route Pointe-Noire–Cabinda (tronçon Stèle de l’Aéroport–Djéno), sous la présidence de Denis Sassou-N’Guesso, appelle une lecture politique lucide et sans complaisance.
Faut-il rappeler que Pointe-Noire est la capitale économique du Congo ? Faut-il rappeler qu’elle contribue de manière décisive aux recettes nationales grâce au pétrole, au port autonome, aux industries et aux services ? Si tel est le cas, une question simple s’impose : est-ce seulement aujourd’hui que le Chef de l’État découvre que Pointe-Noire n’a pas de routes dignes de nom ?
Après plus de quarante ans de pouvoir cumulé, et particulièrement au cours des cinq dernières années, quel bilan réel Denis Sassou-N’Guesso peut-il présenter aux populations de Pointe-Noire ? Des routes dégradées, des quartiers enclavés, une urbanisation anarchique, des inondations récurrentes, un chômage massif des jeunes et une ville qui, malgré son potentiel, donne l’image d’un abandon prolongé. Lancer des travaux à la veille d’échéances politiques ne saurait masquer une évidence : ce qui est présenté comme un acte de développement ressemble davantage à un rattrapage tardif, voire à une opération de communication. Une capitale économique ne se développe pas par des annonces ponctuelles, mais par une politique cohérente, continue et équitable. Pointe-Noire mérite mieux que des chantiers de circonstance. Elle mérite une vision, une gouvernance responsable et un leadership à l’écoute de ses citoyens. Aujourd’hui, Denis Sassou-N’Guesso n’a plus rien à prouver au peuple congolais, sinon la perpétuation d’un système fondé sur la confiscation du pouvoir, l’absence d’alternance et la restriction des libertés démocratiques. Le problème du Congo n’est plus celui des promesses, mais celui de la nature même du régime. Le peuple congolais, et particulièrement celui de Pointe-Noire, n’attend plus des inaugurations tardives, mais un changement profond, réel et durable.
Papa Mapassa


