Rendre compte de ses actions à la population ainsi qu’aux partenaires n’est pas signe de faiblesse mais plutôt de l’humilité et de performance. Les critiques et apports des uns et des autres permettent de redynamiser rebooster son potentiel afin d’améliorer ses prestations et de soulager la population. La perfection n’étant pas de ce monde, les failles seront toujours constatées dans le travail accompli par un humain. Et, éviter d’évaluer son agenda annuel serait refusé de s’améliorer. C’est ce qui motive cette invite du ministre de la santé et de la population, le Pr Jean Rosaire Ibara à organiser de chaque année une revue des plans de travail annuels budgétisés (PTAB) afin de voir de s’imprégner de la situation sanitaire du pays.
Pour cette année, la revue des plans de travail annuels budgétisé (PTAB) 2025 et planification de l’année 2026 s’est tenue du 15 au 17 janvier dans la salle des banquets du centre international de conférence de Kintélé, dans la banlieue nord de Brazzaville. Elle a réunie plusieurs acteurs du secteur de santé et de la population, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers notamment, l’organisation mondiale de la santé ainsi que le système des Nations unies. Cette session a visé à réajuster les axes de santé primaire et de renforcer l’offre des soins qui a eu pour thème : « La consolidation de l’offre et de l’accès aux soins de qualité ». Ce thème a traduit la volonté du Gouvernement de renforcer durablement l’accessibilité, la disponibilité et la qualité des services de santé pour tous.
En sa qualité de superviseur des travaux, le Professeur Jean Rosaire Ibara a, dès son mot d’ouverture, rappelé l’importance de cette session qui s’est « inscrit dans la continuité des orientations du Gouvernement, des engagements internationaux notamment, l’Objectif du Développement Durable (ODD) » où la santé occupe la troisième priorité mondiale. Cela sans oublier, « la quête de la couverture sanitaire universelle ». Cette revue a eu trois axes prioritaires : le renforcement de la gouvernance et du leadership ; l’amélioration durable de la qualité de l’offre de soins et la rationalisation de la gestion des ressources.
Le système de santé congolais connait plusieurs insuffisances qui ne peuvent être comblé que par la conjugaison des efforts prenant en compte les contributions de tout le monde. Le ministre de la santé et de la population s’est engagé à mettre « l’homme au centre de l’action » tout en suivant les directives du Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Denis SASSOU N’GUESSO qui vise à la valorisation du capital humain. D’où le Pr Jean Rosaire Ibara s’est appuyé sur une approche participative afin de garantir la cohérence et l’alignement des besoins de manière équitable et rationnelle visant à faire des propositions des approches de solutions réalisables dans les délais proscrits suivant les disponibilités des fonds d’Etat et des partenaires.
Il est important de signifier que le bilan sanitaire de notre pays s’est largement amélioré bien que plusieurs efforts restent encore à faire surtout dans la mobilisation des financements. Depuis son arrivée au ministère de la santé, en 2025, de nombreuses prouesses ont été réalisées en matière de gouvernance, de ressource humaines, d’offres soins, de riposte aux urgences sanitaires, de lutte contre les maladies endémiques, de disponibilité des médicaments et vaccins, du financement de la santé et du renforcement du système national d’informations. La détermination gouvernementale dans la restauration de la crédibilité et l’efficacité du système de santé reste constante. Ainsi, l’appel du Professeur Jean Rosaire Ibara pour une gestion axée sur les résultats avec une communication transversale demeure un grand souhait pour que le système de santé congolais reflète la force et l’humilité envers les tous les peuples. Car, le Président de la République n’a cessé de croire que « l’accès à la santé est un pilier essentiel de notre souveraineté ».
Cette revue s’est déroulée sous la modération générale des Docteurs François Libama et Guy Michel Mbemba Moutounou. Elle a eu huit (8) sessions ayant permis aux participants de suivre entre autres, les présentations de toutes les directions sous tutelles du ministère de la santé et de la population, des structures d’appui, des hôpitaux généraux, des programmes et projets de santé. Ces présentations ont permis les échanges sur le budget programme, la stratégie de coopération de l’OMS, le programme national de développement sanitaire (PNDS). Ce qui a donné l’occasion aux partenaires techniques et financiers de communiquer sur les opportunités d’intervention et d’appui prévues pour 2026 en lien avec les priorités nationales.
A l’issu de cette revue, seize (16) recommandations ont été faites par les participants dans le but poursuivi par le Professeur Jean Rosaire Ibara de mieux améliorer la situation sanitaire et des hôpitaux congolais qualifiés de « Mouroir » par les populations. Il s’agit de réinstaurer la conférence des hôpitaux généraux ; élaborer une cartographie générale et spécifique des défis et des contraintes des hôpitaux généraux pour une réponse globale aux difficultés rencontrées ; faire du renforcement des districts sanitaires une priorité transversale dans les PTAB 2026 ; former et doter les équipes cadres de district et les COSA (comité de santé) des compétences et outils nécessaires à la supervision et à la gestion des données ; rendre pleinement fonctionnel le système de référence et de contre-référence à travers la standardisation des outils et le suivi régulier des circuits ; intégrer des interventions de lutte contre le paludisme, adaptées aux réalités départementales ; poursuivre le développement des aires de santé en impliquant activement les communautés et les autorités locales ; anticiper et plaider pour l’inscription budgétaire des nouveaux départements dès l’exercice 2026 ; favoriser les échanges interdépartementaux pour le partage des bonnes pratiques ; le renforcement des plateaux techniques des formations sanitaires ; la réhabilitation des infrastructures notamment, des hôpitaux de référence ; intégration des data-managers DHIS2 à la fonction publique ; redéployer des moyens roulants du projet KOBIKISA ; créer des partenaires pour diversifier les sources de financement ; repenser le mode de financement des établissements de santé ; digitaliser les services.
Ces recommandations vont permettre à ce que la qualité de l’offre des soins soit améliorée dans ensemble.
Le ministre de la santé et de la population, le Pr Jean Rosaire Ibara a enfin exhorté les participants à cet atelier de toujours prendre en compte les contributions de la population pour une parfaite gestion au lieu de se contenter à donner les directives à ses collaborateurs et ne attendre que le retour hiérarchique. Une bonne gestion devrait impliquer la contribution de la population pour son examen au sommet. C’est de cette manière que doit s’améliorer le système sanitaire congolais. Les efforts réalisés dans ce secteur avec la construction des hôpitaux généraux dont certains venaient d’être inaugurés devraient être renforcés.
Ghodelgi Nanith


