Manager Horizon : Nous avons suivi avec beaucoup d’attention vos différentes interventions dans les journaux de la place, sur la situation des KULUNA dit BEBE NOIRE, pensez-vous que la situation du banditisme urbain est définitivement résolue sur le territoire national ? En tant que garant des Droits de l’homme international des Nations Unies en République du Congo ?
Valentin MBERI : En tant qu’Ambassadeur des Droits de l’Homme, je reconnais que la situation des « bébés noirs » est complexe et profondément enracinée dans des réalités sociales. Toutefois, des efforts visibles ont été engagés par les autorités congolaises pour restaurer l’ordre public. On note une amélioration sensible dans plusieurs quartiers, et la population commence à retrouver une certaine tranquillité. Mais parler de solution définitive serait prématuré. Il faut désormais investir dans la réinsertion, l’éducation et la prévention pour que cette page soit définitivement tournée.
MH : Plusieurs bouches, ONG et autres se sont levées pour accuser le Congo de Génocide et d’élimination précoce des jeunes, vous en votre qualité d’ambassadeur des Droits de l’homme en République du Congo que dites-vous réellement de cette situation ?
V.M : Je tiens à rappeler que les droits humains doivent être défendus dans la vérité et l’équilibre. À ce jour, aucune preuve juridiquement constituée ne permet de qualifier la situation de « génocide » au sens du droit international. Cela dit, nous restons vigilants : toute dérive doit être signalée, documentée et suivie de procédures appropriées. Mais il est aussi injuste de diaboliser les forces de l’ordre lorsque celles-ci agissent dans le cadre légal pour protéger la population contre des violences urbaines extrêmes. La Commission suit la situation de près.
MH : Quelle analyse faites-vous du message du chef de l’Etat lors des Vœux de fin d’année au peuple congolais ?
V.M : Le Chef de l’État a évoqué l’organisation des scrutins prévus en 2026, ce qui est un signal fort de respect du calendrier républicain. En tant qu’organisation attachée aux droits civils et politiques, la Commission Internationale des Droits de l’Homme (IHRC) salue cette annonce et insiste sur plusieurs points fondamentaux : Il est impératif que toutes les étapes de l’enrôlement des électeurs à la publication des résultats soient menées dans un climat d’équité et de neutralité. Les élections doivent être ouvertes à toutes les forces politiques légalement reconnues, aux candidats indépendants, ainsi qu’aux groupes marginalisés, y compris les femmes et les jeunes. Le Chef de l’État a raison de souligner l’importance d’un climat de paix avant, pendant et après les élections. La IHRC encourage donc la mise en place de mécanismes de prévention des conflits électoraux. La Commission électorale doit disposer des moyens juridiques, techniques et financiers nécessaires pour jouer pleinement son rôle en toute indépendance. Cela rejoint l’article 10 de la Constitution congolaise qui garantit la souveraineté du peuple à travers des élections libres. La présence d’observateurs nationaux et internationaux comme l’International Human Right Commission, est essentielle pour renforcer la crédibilité du scrutin. En abordant les scrutins de 2026, le Chef de l’État engage le pays sur la voie d’un processus démocratique qu’il faudra suivre avec attention. La IHRC est disposée à accompagner ce processus par la sensibilisation, l’éducation civique, l’observation électorale et la médiation en cas de besoin. Une élection bien conduite est un pilier de la stabilité et de la confiance citoyenne.
MH : Qu’en pensez-vous des critiques, des injures et des menaces de la diaspora envers le Président Denis SASSOU NGUESSO, sur la question des élections présidentielles de Mars 2026 ?
V.M : Les critiques sont le droit de tout citoyen dans un cadre démocratique, mais les injures et menaces ne sont jamais des outils de construction nationale. La diaspora a un rôle fondamental à jouer dans le développement du Congo, mais cela passe par des contributions constructives, des propositions, et non par la haine. Les élections de 2026 doivent être l’occasion pour tous les Congolais, de l’intérieur comme de l’extérieur, de participer au débat démocratique dans le respect des institutions et de la loi.
MH : Pensez-vous qu’en votre qualité d’ambassadeur Coordonnateur du Bureau Afrique Centrale de l’international Human Right Commission, vous aurez un rôle à jouer dans la supervision ou l’observation des élections 2026 au Congo ?
V.M : Oui, en tant que Coordonnateur Afrique Centrale de l’International Human Rights Commission (IHRC), nous travaillons déjà avec nos partenaires pour nous positionner comme observateurs électoraux. Notre mission sera d’accompagner le processus dans le respect des standards internationaux. Nous avons déjà entamé des démarches avec la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et nous espérons participer activement à garantir la transparence et la crédibilité des élections.
MH : Êtes-vous satisfait de vos relations avec le gouvernement congolais et les ONG locales ?
V.M : Nous entretenons des relations de travail respectueuses avec le gouvernement congolais, fondées sur le dialogue et la transparence. Le processus d’établissement de notre présence au Congo, avec la reconnaissance légale et l’accord de siège en cours, témoigne de cette collaboration. De même, avec les ONG locales, nous favorisons la synergie, la formation et le partage de bonnes pratiques. Notre approche reste inclusive et non conflictuelle, car nous croyons que la promotion des droits humains est un chantier commun. Pour terminer je dirais, L’IHRC est au service des peuples et non des partis. Notre engagement est humaniste, légaliste et orienté vers la paix, la justice et le développement durable qui sont les bases de fondement démocratique de la République du Congo.
Propos recueillis par Yves Malouthase


