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REPUBLIQUE DU CONGO
République du Congo sécurité, État et espérance : Bilan des récentes de l’International Human Right Commission actions contre le banditisme urbain
Depuis plusieurs années, les villes du Congo notamment la capitale et les grands centres urbains sont le théâtre d’un phénomène croissant de violence urbaine, marqué par des agressions à la machette, des vols, des cambriolages, des meurtres et un climat permanent de peur pour les populations.
Ce fléau, incarné par des bandes de jeunes souvent désœuvrés appelés Kuluna ou Bébés Noirs a mis en danger la sécurité des citoyens, fragilisé la cohésion sociale, remis en cause le droit fondamental à la sécurité, et laissé planer une grave menace sur la stabilité nationale.
À la veille des élections présidentielles annoncées pour mars 2026, le risque d’une spirale de violence et de chaos social grandissait, avec un climat propice à l’exploitation politique de la peur. Dans ce contexte, l’État congolais sous l’impulsion de son chef, le Président Denis SASSOU N’GUESSO a décidé d’intervenir de manière ferme et coordonnée pour restaurer l’ordre, protéger les populations et garantir le bon déroulement des échéances démocratiques.
Ce Rapport dresse un bilan des récentes opérations de sécurité, analyse les résultats obtenus et les défis persistants, et propose des recommandations pour une approche durable alliant sécurité, prévention, justice et inclusion sociale.
1. Diagnostic de la crise sécuritaire
1.1 Une jeunesse marginalisée, un terreau de violence
La jeunesse congolaise comme beaucoup d’autres en Afrique centrale représente une part importante de la population. Lorsque cette jeunesse se retrouve sans emploi, sans perspectives, déscolarisée ou marginalisée, elle devient un terreau fertile pour la délinquance urbaine.
Selon des analyses, les Bébés Noirs sont souvent des jeunes de 13 à 25‑30 ans, désœuvrés, vivant dans des quartiers défavorisés, armés d’armes blanches, et engagés dans des actes de banditisme, vol, viols, pillages, violences ce qui installe un climat de terreur dans ces zones.
La montée de cette violence urbaine n’est pas un phénomène nouveau. Elle s’explique par un cumul de facteurs : l’exclusion économique, le chômage, l’échec scolaire, l’absence d’insertion sociale, la désintégration des repères familiaux et communautaires, ainsi qu’un environnement urbain parfois anarchique et difficile à contrôler.
1.2 Les conséquences dramatiques
Les impacts sur la vie quotidienne des populations ont été lourds : civils victimes de machettes, commerces vandalisés, enseignes fermées, paralysie de l’activité nocturne, sentiment d’insécurité généralisé, exode interne vers des zones « plus sûres », perte de confiance à l’égard des institutions. Cette insécurité menace le développement économique, social et la paix civile.
Plus encore, dans le contexte pré‑électoral, le risque politique était réel : des groupes criminels pouvaient être instrumentalisés pour semer le chaos, fragiliser les institutions, et manipuler l’émotion populaire. L’État devait donc agir rapidement pour éviter une déstabilisation.
2. L’engagement de l’État et l’intervention de la DGSP
2.1 Décision politique forte
Face à l’urgence, le Président de la République a personnellement pris l’initiative d’engager la sécurité nationale dans la lutte contre le banditisme urbain. Dans une déclaration publique, il a expliqué que la DGSP, au-delà de sa mission de protection présidentielle, devait intervenir pour garantir l’ordre et la sécurité des populations quand la situation l’exigeait s’appuyant sur un cadre légal récemment clarifié en septembre 2025.
Cette décision marque une rupture avec les approches passées souvent jugées inefficaces : en dépit des missions régulières des forces de police ou de la gendarmerie, le phénomène prenait de l’ampleur d’où la nécessité de confier la mission à une force plus spécialisée, plus mobile et capable d’opérations ciblées.
2.2 Mobilisation opérationnelle — DGSP sur le terrain
Depuis fin septembre 2025, les unités de la DGSP ont été déployées massivement dans les quartiers sensibles de Brazzaville, Pointe‑Noire et d’autres villes, avec pour mission de démanteler les réseaux de Kuluna / Bébés Noirs, saisir des armes blanches et illégales, identifier les points de ralliement, sécuriser les marchés, les artères nocturnes, et rétablir un minimum d’ordre.
Les moyens mis en œuvre comprennent un travail de renseignement, des patrouilles intensives, des interventions ciblées, la confiscation d’armes, des arrestations, la sécurisation des zones de commerce, des campagnes de sensibilisation auprès des populations, et une coordination rapprochée avec la police et la justice.
2.3 Résultats manifestes — premiers effets
Selon des rapports officiels datant de fin octobre 2025, en quelques semaines :
Plusieurs centaines d’arrestations ont été effectuées, concernant des membres présumés de gangs.
– De nombreuses armes blanches (machettes, couteaux), armes prohibées et objets volés ont été saisis.
– Dans certains quartiers, les habitants signalent une nette accalmie : les marchés nocturnes reprennent, les commerces rouvrent le soir, les plaintes liées à la violence baissent, le sentiment de peur diminue.
– Le gouvernement réaffirme que cette opération n’est pas un feu de paille : l’opération sera prolongée et étendue aux zones rurales, afin d’éviter que les malfaiteurs ne se dispersent.
Ces résultats, bien que provisoires, témoignent d’une réappropriation progressive de l’espace public, et d’un regain de confiance entre l’État et les citoyens.
3. Enjeux, défis et critiques
3.1 Risques de dérives et atteintes aux droits humains
Toute opération de sécurité massive et rapide comporte des risques : arrestations arbitraires, détentions illégales, exécutions sommaires, absence de transparence, abus de pouvoir. Plusieurs organisations nationales de défense des droits de l’homme ont exprimé leurs préoccupations.
Des cas d’intimidation de défenseurs des droits humains ont été signalés, notamment à l’encontre de ceux qui dénonçaient certaines exactions ce qui pose un véritable défi pour l’équilibre entre sécurité et respect des libertés fondamentales.
Il est donc essentiel que la lutte contre le banditisme soit encadrée par les lois, qu’elle respecte les procédures judiciaires, que chaque suspect ait droit à un procès équitable, et que les forces de sécurité rendent des comptes en cas de dérive.
3.2 Approche limitée si seule répressive
Même si l’action de la DGSP a produit des effets immédiats, une approche uniquement répressive ne suffit pas à éradiquer les causes profondes du phénomène. Le chômage, la pauvreté, l’exclusion sociale, le manque d’opportunités, l’absence de perspectives éducatives, restent des facteurs déterminants.
Sans un programme de prévention, de réinsertion, de formation, d’éducation, de développement économique, les gangs risquent de renaître, ou de se recomposer ailleurs.
3.3 Crise de confiance, transparence et légitimité
Pour que la population adhère durablement à l’effort de sécurité qu’elle collabore, qu’elle signale, qu’elle soutienne les actions, la transparence, la justice, le respect des droits sont indispensables. Cela implique un renforcement de l’appareil judiciaire, des mécanismes d’indemnisation pour les victimes innocentes, des garanties de non‑impunité pour les abus, et une communication crédible.
4. Vers une stratégie globale : sécurité, prévention & développement
Pour que l’opération en cours ne soit pas qu’un simple « assainissement temporaire », mais le début d’un véritable redressement, l’État et la société doivent s’engager dans une stratégie holistique. Voici les axes essentiels :
4.1 Consolidation de l’État de droit
– Renforcement de la justice pénale : accélérer les procès, garantir des jugements équitables, réformer les prisons, assurer la réinsertion des condamnés.
– Transparence des opérations de sécurité : création d’un mécanisme de suivi indépendant, implication de la société civile, rapport régulier.
– Protection des libertés fondamentales : garantir que les droits humains soient respectés, même en période de crise sécuritaire.
4.2 Actions de prévention et inclusion sociale
Programmes d’insertion pour les jeunes à risque : formation professionnelle, apprentissage, emploi, sports, culture.
– Campagnes de sensibilisation, de réhabilitation sociale, de mentorat.
– Développement des infrastructures publiques, logements, accès aux services de base réduire la marginalisation urbaine.
– Implication des communautés, leaders religieux, associations, familles, pour reconstruire le lien social.
4.3 Coopération internationale et solidarité
– Recours aux instruments internationaux de protection des droits de l’homme — respect des conventions, coopération avec les ONG, accompagnement technique.
– Soutien des partenaires internationaux pour financer des programmes d’insertion, de réinsertion, de développement local.
– Partage d’expériences avec d’autres pays ayant connu des phénomènes similaires (RDC, pays d’Afrique de l’Ouest…).
5. Un tournant pour la République du Congo
L’engagement de l’État congolais, à travers l’action forte de la DGSP, constitue un tournant historique dans la lutte contre le banditisme urbain. Pour la première fois depuis longtemps, les populations ressentent un regain de sécurité, les rues reprennent vie, les marchés fonctionnent, l’économie reprend timidement.
Mais c’est aussi un moment de vérité : soit cette dynamique se transforme en un projet de réforme profonde justice, développement, inclusion, soit le risque d’un retour de la violence demeure réel.
Le défi est collectif. Il concerne l’État, les forces de sécurité, la justice, mais aussi chaque citoyen, chaque famille, chaque communauté.
Le salut national passe par la reconstruction de la cohésion sociale, le respect de l’État de droit, et l’ouverture d’opportunités pour les jeunes.
Au‑delà des statistiques, des arrestations, des machettes saisies l’objectif ultime doit être la paix durable, la dignité retrouvée, la sécurité réelle pour tous.
À ce titre, nous Commission Internationale des Droits de l’Homme, accréditée par les Nations Unies avec statuts du Conseil Economique et Social, saluons l’engagement du chef de l’État, les efforts des forces de sécurité, et appelons l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux à soutenir ce virage.
Pour le Congo.
Pour la paix.
Pour la Justice ;
Pour l’avenir.
Pour la Commission Internationale des Droits de l’Homme et la Justice social en République du Congo
Valentin MBERI
Ambassadeur Directeur General de IHRC-CONGO
Coordonnateur du Bureau Afrique Centrale
International Human Right Commission
Accréditée par l’ECOSOC-Nations-Unies


